jeudi, septembre 20, 2007

Wien, Bratislava, Budapest : Wilkommen im Mittel Europa !



Ces vacances en Europe centrale n’ont pas été dénuées de surprises. J’étais partie avec un certain nombre d’idée reçues qui se sont révélées moins exactes que prévu. Vienne se devait d’être ennuyeuse et rassie comme une vieille tarte à la crème, Budapest, une capitale rebelle à la beauté raffinée et précieuse et Bratislava ? Bratislava était du genre « inconnue au bataillon », dotée d’un château reconstruit et de cafés qui voulaient rivaliser avec la « grande sœur » voisine, Vienne. Il est vrai que Bratislava ne se trouve qu’à 57 km de Vienne, en grande banlieue de la capitale autrichienne donc !

Une des premières choses qui m’ont surpris à Vienne est le calme qui règne dans cette métropole. Les trams et les vélos glissent sans bruit dans les grandes artères et l’on ne ressent pas de stress, même pas dans le métro ! … Budapest, en revanche, ne bénéficie pas d’une semblable qualité de vie : dès l’arrivée, on a ressenti une trépidation nerveuse qui semble être la signature de la capitale magyare. En marchant dans les rues, on est saisis à la gorge par l’odeur âpre des gaz d’échappement et on a les oreilles transpercées par les grincements des trams et les motos pétaradantes … ;-( Les Hongrois semblent d’ailleurs conscients de ces nuisances, car, outre l’heure et la température (35° !), de grands panneaux affichent aussi le niveau de pollution de la ville ! A défaut de la ‘conscience de classe’ chère à leur concitoyen Lukacs, ils font montre au moins d’une certaine conscience écologique ! Encore un effort et la belle Budapest (en fait c’est surtout de Pest qu’il s’agit) pourra se parer d’une écharpe verte … ;-)

Bratislava nous a réservé une autre sorte d’étonnement. Arrivés à la gare à peine une heure après avoir quitté Vienne, nous avions l’impression de débarquer dans un pays en développement … On se serait cru en Afrique du Nord ou en Amérique latine : la même pauvreté, les mêmes petites échoppes autour de la gare. Ne sachant quel bus prendre (S. avait peur de se retrouver à l’autre bout de la ville !), nous avons marché à pied jusqu’à l’hôtel Kijev. Si la situation s’est améliorée – on avait l’impression de se trouver dans une petite ville du Sud de l’Europe, Italie ou Portugal des années 1970, je ne voyais pas quels pouvaient être les atouts touristiques de la capitale de la Slovaquie. Et, comble de malchance, un orage éclate avant même d’arriver à l’hôtel  Trempés – nous n’avions emporté ni kways ni parapluie – nous nous hâtons d’intégrer notre chambre au 11e étage de ce mastodonte de l’époque soviétique. Las, c’est pour découvrir au bout d’un quart d’heure que de l’eau goutte d’une fissure au plafond ;-( Réclamations ! On nous change finalement de chambre au même étage : même moquette maronnasse du sol au plafond, même salle de bain à la plomberie incertaine (avec une vraie baignoire) …. Nouveau problème : pas de télécommande pour la télévision  Re-réclamation : on nous propose d’installer le poste de la chambre que l’on vient de quitter, S. en profite pour prendre aussi le poste de radio ‘vintage ‘70s’, qui bien sûr ne fonctionnait pas ! Pas plus d’ailleurs que l’ampoule d’une des lampes de chevet … La pluie battante ne se calmant pas, nous avons passé tout l’après-midi entre le bar de l’hôtel, désert, et la chaîne CNN … Bien entendu, l’accès wifi à l’internet promis dans toutes les chambres ne fonctionnait pas ! … Nous n’avions pas, malgré tout, épuisé les délices de l’hôtel Kjev. Le lendemain matin, après un petit déjeuner vraiment délicieux (c’est le plus copieux et le plus goûteux que nous ayons eu de tout notre séjour : les croissants de Bratislava au pavot sont un vrai délice ), j’ai eu besoin d’aller aux toilettes. Une charmante hôtesse me conduit à travers de nombreux couloirs jusqu’à un escalier, les toilettes s’y trouvent au bas. J’avise une porte ouverte chez les dames, et clac ! Elle se referme sur moi avant que je m’aperçoive qu’elle n’avait pas de poignée  !!! Pendant une bonne demi-heure, me voilà tambourinant sans relâche sur cette maudite porte, priant qu’une autre cliente soit prise d’un besoin pressant avant de remonter dans sa chambre … Est-ce que S. s’apercevra de ma disparition, il va peut-être penser que je suis allée acheter ce fameux parapluie qu’il a déclaré complètement inutile … Ouf, une voix de femme comprend que je suis enfermée, elle essaie de manipuler la poignée sans résultat. Je lui crie d’aller chercher quelqu’un en anglais. Heureusement, quelques minutes après, un ouvrier de l’hôtel me délivre et je peux enfin regagner ma chambre ! Cet épisode a signé la fin de mes malheurs en Slovaquie, les deux jours suivants nous avons pu apprécier le charme léger de cette capitale, les rues tortueuses de la vieille ville, le château, sympa malgré son côté Dysneyland, et la gastronomie de quelques bons restaurants … Cerise sur le gâteau, nous avons même eu droit à un concert gratuit de flamenco (l'équivalent de nos quartiers d'été) d’un groupe local qui compte de nombreux talents (danseur(se)s, chanteurs et musiciens) et très applaudi par des bratislavois ( ?) bien entrainés : on doit retrouver ici les relations obscures entre gitans d’Espagne et Tziganes de Bohême … ?
Je conterai un autre jours nos découvertes de Vienne et de Budapest, qui comporte autre chose que la pollution et le bruit qui nous ont accueillis …

dimanche, septembre 02, 2007

Graduation in Manchester University




Enfin .. Après quelques jours de vacances bien méritées et une année bien remplie : rédaction de son mémoire, nombreuses expériences et petits boulots, Cyril allait voir son travail universitaire reconnu grâce à la "graduation" (cérémonie de remise des diplômes). Evidemment, nous sommes arrivés un peu en retard à l'Université : la plupart des familles faisaient déjà la queue avec leur jeunes "graduants" en costumes ; certains prenaient dejà des photos avec l(a)e futur(e) diplômé(e) : l'autérité de la robe noire, à peine éclairée par le liseré violet et or de la capuche, et les couleurs chatoyantes des nombreux saris et des quelques boubous des mamans et des soeurs, cousines, etc. offraient une image contrastée sous le maigre soleil de Manchester. Ouf ! Cyril et Saran sont parvenus à louer la dernière tenue magistrale (pas donné : plus de 50£ pour une robe en polyester et chapeau cartonné ..;-() Nous pouvons nous installer avec Saran du côté des familles, tandis que Cyril rejoint le groupe des "graduants", de l'autre côté de la salle.
La cérémonie se passe dans une sorte de chapelle néo-gothique dans les anciens bâtiments de l'Université de Manchester, avec vitraux et grandes orgues ... Elle tient beaucoup plus de la grand'messe avec procession des professeurs et autres clercs de l'Université que du happening auquel je songeais ...
Ce genre de cérémonie est en train de faire un "come back" en France : outre Sciences Po et sa "diplomation" (pourquoi pas "diplomage", comme mariage ou "diplomement" comme développement ? Je préfère, quant à moi l'expression plus sobre et plus neutre de "remise des diplômes"), j'ai appris que l'on célébrait la remise du master par une cérémonie semblable à la Sorbonne (mais sans couvre-chef !). Il faut dire que cela joue le rôle de rite de passage pour nos djeunes qui n'en n'ont plus : ce n'est pas les quelques manifs, même bien tassées, contre le CPE, ou même l'occupation de cette vieille Sorbonne (bis repetita ...) qui peuvent en tenir lieu ...
Je suis quand même un peu déçue : après un discours convenu sur l'importance des connaissances dans la société du savoir (à moins que ce ne soit le contraire, c'est toujours le 'knowledge' en anglais ...), le président passe à peine 2 minutes à appeler chaque étudiant et à lui serrer la pince ... tout juste le temps de prendre une photo ... ratée évidemment ;-( En sortant , reprocession avec les porteurs des armes et des étendards de l'Université, Cyril arbore un sourire rayonnant .. ce qui n'empêche pas Sooty et Saran de rater en choeur leur photo respective ...
Dans la cour, John Gigg, le professeur qui a dirigé le mémoire de Cyril, se prête à des photos souvenirs avec ses trois étudiants et nous apprend 1) qu'il y a une petite sauterie à la faculté de bio et 2) que Cyril ainsi que ses deux camarades de promotion, a gagné un prix qui lui sera remis à cette occasion. Si Cyril était au courant pour le prix (100£ attribué par un labo pharmaceutique aux trois premiers lauréats en neurosciences : ils n'étaient que trois dans la promotion, et le premier est reparti en Allemagne ...), il ne l'était pas pour le pot. Nous y allons, en chemin, nous rencontrons Faith, l'autre lauréate, qui abandonne car il faut avoir une convocation. Nous avons plus de chance et entrons sur le lieu de la fête : à défaut de la bombance à laquelle on s'attendait (il est près de 16h et nous n'avons pas déjeûné), on nous offre une coupe de fraises et un verre de mousseux ou de jus de fruit. C'est toujours agréable à consommer ! En attendant la distribution des prix, les deux S s'occupent de changer la voiture de place : il ne manquerait plus que ramasser une contredanse après les différentes aventures que l'on avait eu la veille avec la voiture : fuite d'essence, recherche de réparateurs, etc. On prend quelques photos, profitant de la belle après-midi ensoleillée, Cyril en profite pour faire l'idiot avec sa grande robe et son "enclume" ... Mon fils ne changera jamais ..;-)
Quelques jours plus tard, ce sera le tour de Saran d'avoir sa graduation. Malheureusement, nous devions rentrer à Paris. Cyril a repassé sa robe et son "Mortar board" pour poser avec son amie : il nous a envoyeé la photo du super couple qu'ils forment tous les deux en costume !
On peut voir la vidéo de la cérémonie sur le site de l'Université de Manchester (9 July 14h30)

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